Les taux remontent, l’inflation repart, et les produits structurés retrouvent des conditions qu’on n’avait plus vues depuis des années. Pour comprendre ce que ça change pour votre épargne, nous avons reçu Sam Naoum, de Lirone Solutions, un broker indépendant spécialisé dans les produits structurés. Son message : le vrai choc, ce n’est pas le niveau actuel des taux, ce sont les années de taux négatifs.
Qui est Sam Naoum ?
Sam Naoum, 26 ans, est responsable partenariats chez Lirone Solutions, où il couvre les produits structurés. Issu de la gestion de patrimoine, il est passé par l’asset management avant de se spécialiser dans les produits structurés.
Lirone Solutions, en bref
Lirone Solutions est un broker indépendant de produits structurés. La société crée et commercialise des produits de campagne ou 100 % dédiés pour les conseillers en gestion de patrimoine (CGP), les family offices et les banques privées, ainsi que pour des entreprises et des particuliers via son club d’investissement privé. Sa particularité : des produits dédiés dès 50 000 €, avec des maturités qui peuvent descendre à trois mois, via l’assurance vie luxembourgeoise ou le compte-titres.
Au programme de l’interview
- De quels taux parle-t-on ? Sam distingue les taux directeurs des banques centrales, les taux d’État (le coût d’emprunt d’un pays) et les taux interbancaires comme l’Euribor.
- Choc ou retour à la normale ? Selon lui, la hausse est significative mais ce n’est pas un choc : entre 2012 et 2022, le taux de dépôt de la BCE était négatif ou nul, et une génération de professionnels n’a jamais connu l’environnement actuel. Il attribue la remontée au retour de l’inflation, liée au choc pétrolier au Moyen-Orient (3,3 % en zone euro selon lui, loin de l’objectif de 2 %).
- Le précédent d’octobre 2008 : un mois après la faillite de Lehman Brothers, les banques ne se prêtaient plus, et six grandes banques centrales, dont la BCE et la Fed, ont baissé leurs taux en même temps.
- Pourquoi les taux comptent autant : un produit structuré combine une part obligataire (un zéro coupon) et une part optionnelle. Quand les taux montent, la part obligataire coûte moins cher, ce qui libère du budget pour de meilleurs coupons ou une meilleure protection. D’où le retour du capital garanti, à condition d’avoir confiance dans la banque émettrice.
- Un Phoenix passé sous sa barrière : le rôle de l’effet mémoire sur les coupons, et pourquoi la barrière de protection du capital ne se regarde qu’à l’échéance.
- Faut-il restructurer ? Vendre un produit acheté il y a un ou deux ans, c’est accepter une perte à court terme pour réinvestir dans de meilleures conditions. Pour Sam, ça se décide au cas par cas, selon le produit et son sous-jacent.
- Jamais rappelé en 12 ans : le capital est rendu, mais sans aucun coupon. Une fois l’inflation déduite, l’épargnant est perdant.
- L’inverse floater : un produit dont le coupon est la différence entre un taux fixe (par exemple 7 %) et un taux variable, en général l’Euribor, souvent avec des coupons garantis les premières années. Il est gagnant si les taux baissent ou se stabilisent, moins s’ils montent.
- Note à taux fixe, fonds euros ou Livret A ? Sam cite des notes à taux fixe entre 4,5 et 5 %, face à un fonds euros à 2,63 % et un Livret A à 1,7 %. Mais il faut comparer ce qui est comparable : le Livret A est disponible, garanti par l’État et net d’impôt ; le fonds euros est garanti par l’assureur et net de frais de gestion ; la note est un rendement brut, qui expose au risque de l’émetteur, au rappel anticipé et à une durée de blocage.
Chapitres de la vidéo
- 00:00 Intro
- 01:51 Hausse des taux : de quels taux parle-t-on ?
- 03:42 Octobre 2008 : ce qui s’est passé la dernière fois
- 05:18 Comment fonctionne un produit structuré
- 06:06 Le retour du capital garanti
- 06:30 Phoenix sous la barrière : que se passe-t-il ?
- 07:48 Restructuration : vendre son produit structuré ?
- 09:04 L’inverse floater expliqué simplement
- 10:41 Note à taux fixe, fonds euros ou Livret A ?
- 11:22 Liquidité, maturité, rappel : les risques à connaître
- 13:16 Du dédié dès 50 000 € et 3 mois
Notre point de vue
La hausse des taux améliore réellement les conditions des nouveaux produits structurés, mais elle ne supprime aucun risque : la garantie dépend de l’émetteur, la protection ne joue qu’à l’échéance, et une sortie anticipée peut se faire sous 100 %. Comme le rappelle Sam, ce sont des placements à horizon long, pas de l’épargne de précaution. Chaque produit se juge sur ses conditions précises, détaillées dans son document d’informations clés (DIC).
Pour aller plus loin, comparez les offres du moment sur notre comparateur de produits structurés, suivez l’Euribor 3 mois dont dépendent les produits indexés, et retrouvez nos explications dans le guide comprendre les produits structurés.
Cette page relaie une interview publiée sur notre chaîne YouTube. Elle ne constitue pas un conseil en investissement. Les produits structurés présentent un risque de perte en capital. Les propos de l’invité n’engagent que lui.
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